Préparer le voyage de votre enfant
Votre enfant va bientôt quitter la maison pour profiter d'un voyage scolaire. Ça vous angoisse ? C'est normal. Il faut juste apprendre à gérer cette nouvelle autonomie.
C'est le dernier trimestre. La saison des voyages scolaires bat son plein. Classes de mer ou verte, séjours linguistiques, visite chez un correspondant... il y en a pour tous les goûts et tous les âges. Les enfants sont souvent ravis, mais leurs parents ?
La première fois, il n'est pas toujours facile de voir son enfant s'éloigner du foyer. « Les voyages scolaires, explique Béatrice Copper-Royer, psychologue, sont un mélange d'émotions contradictoires dans la famille. D'un côté, il y a l'excitation des enfants à vivre une expérience avec leurs copains et copines, loin de leurs parents. De l'autre, l'angoisse des parents, surtout des mamans, de voir partir leur enfant sans leur protection quotidienne. » Ces séjours renvoient à l'anxiété naturelle des mamans qui mettent alors à l'épreuve « leur capacité à se séparer de leur enfant ».
Angoisse légitime
Et gérer cette rupture fusionnelle, ça ne se décrète pas, « ça s'apprend ».Rien de plus normal donc que d'avoir le ventre noué à l'idée de voir son enfant s'éloigner de la maison. « L'angoisse est légitime. Le tout est de veiller à ne pas la transmettre à l'enfant qui reste une éponge des émotions de ses parents. Il faut éviter la contamination de l'anxiété. » Pour cela, ne pas hésiter à formuler ses sentiments. « Pour surmonter son angoisse, il est bon de la verbaliser pour ne pas laisser suinter ses peurs. Dire à son enfant, tu sais, je ne suis pas très tranquille de te voir partir, je suis inquiète mais je suis tellement fier que tu partes et sois heureux de partir, tu deviens un grand. »
Au-delà de l'angoisse de la séparation, ces voyages permettent aussi aux parents « d'accepter que d'autres adultes sont capables de s'occuper de leur enfant. Souvent, les accompagnateurs sont eux aussi des parents donc aptes à assurer sécurité et réconfort aux enfants. Il faut apprendre à passer la main ». Et puis rien n'interdit, en amont du départ, de rencontrer les professeurs, histoire de partager vos sujets d'inquiétude : mon petit fait encore pipi au lit, il déteste les légumes, il a besoin d'une lumière la nuit...
Pas trop de coups de fil
L'angoisse apaisée, l'enfant rassuré, reste à préparer le voyage. « Faire la valise est un moment important. Les enfants aiment les rituels, ça les rassure. Préparer ses affaires de manière commune va aider toute la famille à apprivoiser l'éloignement. » Pendant le séjour, mieux vaut éviter les coups de fil permanents. « Si au moindre coup de blues les enfants entendent leurs parents, ça ne fera que raviver les angoisses. »
En revanche, au retour, sortir le grand jeu peut être une belle façon de manifester la joie de la maison. « Préparer un plat que l'enfant apprécie, par exemple, marque de manière sympa son retour. Veiller à ne pas bombarder l'enfant de questions sur ce qu'il a fait, vu. Il faut le laisser se réapproprier la vie de famille et que les souvenirs de son expérience remontent tranquillement à la surface. »
Texte tiré d'un article du journal ouest-france.fr et provenant de la journaliste Valérie PARLAN.
